Humour de linguistes, et de notaires

La virgule sauve des vies! C’est du moins ce que laisse entendre le Comité contre la médiocrité langagière avec son parlant exemple:

Et si on mangeait les enfants?

Beaucoup plus cruel, on en convient, que:

Et si on mangeait, les enfants?

L’Institut d’assurance de dommages du Québec montre aussi la portée d’une ponctuation déficiente, racontant l’histoire d’un homme riche qui, au moment de son agonie, aurait pris un stylo pour écrire ses dernières volontés. Malheureusement, il aurait, semble-t-il, poussé son dernier souffle avant d’avoir pu ponctuer son texte.

« Je laisse mes biens à ma sœur non à mon neveu jamais sera payé le compte du tailleur rien aux pauvres. »

À qui laissait-il sa fortune? Le neveu ponctue ainsi:

« Je laisse mes biens à ma sœur ? Non ! À mon neveu. Jamais ne sera payé le compte du tailleur. Rien aux pauvres. »

Naturellement, la soeur du défunt n’est pas d’accord, elle ponctuerait plutôt le billet de cette façon:

« Je laisse mes biens à ma sœur. Non à mon neveu. Jamais ne sera payé le compte du tailleur. Rien aux pauvres. »

Et on imagine ce que le tailleur et les pauvres feront de la notice non ponctuée!

Si la virgule vous angoisse, consultez l’article sur les mythes liés à son utilisation.

La virgule inspirée

Pour répondre à une question qui lui est souvent posée, Sur le bout de la langue désire aujourd’hui défaire quelques croyances liées à l’utilisation de la virgule.

Première croyance : la ponctuation respecte des règles tellement complexes qu’elles paraissent aléatoires.

Malheureusement, l’utilisation de la virgule ne relève pas du hasard et n’est pas qu’une question de style. La grammaire impose certaines règles, même en ce qui concerne la ponctuation.

Seconde croyance : la principale fonction de la virgule est de nous permettre de respirer.

Lorsqu’on lit un texte écrit, la virgule est, certes, un moment de répit, une brève pause dans la lecture, plus courte que l’arrêt suggéré par le point. Mais l’inverse n’est pas vrai. Il ne suffit pas de lire son texte en respirant profondément pour trouver où placer les virgules. Imaginez l’instabilité d’un système de ponctuation reposant sur le degré d’essoufflement – ou de congestion nasale – de son utilisateur! Un bon exemple de cette impossibilité de transférer directement de l’oral à l’écrit l’utilisation de la virgule est celle du coordonnant « mais ». À l’oral, on prend généralement une pause après le « mais » (« J’ai bien pensé à mon examen mais (respiration) je ne pense pas le réussir. ») alors qu’à l’écrit, il faut ponctuer AVANT le coordonnant (« J’ai bien pensé à mon examen, mais je ne pense pas le réussir. »)

Si l’utilisation de la virgule vous fait peur, sachez que cinq grandes règles expliquent presque tous les cas d’utilisation de la virgule.

Pour les cas plus complexes, mieux vaut se référer à la Banque de dépannage linguistique de l’OQLF.