Mettre les « t » sur Sotchi!

Dans moins d’une vingtaine de jours s’ouvriront en Russie les 22e Jeux olympiques d’hiver. Les amateurs de sport s’en réjouissent… et les amoureux de la langue sont intrigués de voir cohabiter, parfois sur une même page officielle (par exemple, celle de Radio-Canada), les graphies Sochi 2014 et Sotchi 2014. De la même façon, le célèbre hockeyeur russe Ovechkin voit son nom orthographié Ovetchkine sur le site de la radio La voix de la Russie, radio francophone russophile qui ose écrire le nom du franc-tireur de la LNH autrement que sur son chandail. Qu’en est-il?

La transcription de noms russes en français pose plusieurs problèmes, le principal étant celui de l’alphabet cyrillique qu’il faut convertir en alphabet latin. Deux options s’offrent alors au traducteur: la translittération, qui consiste à faire correspondre chaque signe du premier alphabet à un signe du second, ou une transcription phonétique qui laisse espérer que le locuteur francophone prononcera un peu plus correctement le nom russe.

Сочи, si on opte pour la translittération, devient Sochi, mais sa prononciation ressemble plutôt à Sotchi. Les deux graphies seraient donc acceptables, mais on recommande en français – c’est d’ailleurs cette orthographe qui prévalait alors que Sotchi n’était encore qu’une station balnéaire – l’utilisation de la seconde, et c’est celle qu’adoptent les médias de langue française lorsqu’ils parlent des Jeux. La graphie privilégiée sur le logo officiel des Jeux olympiques omet le « t », c’est pourquoi les deux versions cohabitent.

Quant à Ovechkin / Ovetchkine, il s’agit bien du même homme. La LNH transigeant surtout en anglais, la translittération et la transcription phonétique correspondent, les anglophones prononçant le –ch comme un –tch francophone. Pour éviter ces confusions, la IIHF (International Ice Hockey Federation) propose depuis peu une charte de transcription des noms russes et ukrainiens. Gageons tout de même que le numéro 8 des Capitals de Washington et vedette de l’équipe de hockey masculine de la Russie reconnaîtrait difficilement la chaleur de l’accent maternel une fois son nom prononcé à la québécoise dans de véhéments encouragements.