Une vue de l’esprit

Alors que Phillipe Couillard et une palette de ministres endimanchés visitent la France, Sur le bout de la langue s’amuse à tourner les anglicismes à son avantage (pour une fois!)

De quoi que soit faite l’actualité entre deux présentations de budget, il semblerait que la coupure économique si prisée soit, peu importe le parti tenant le gros bout des ciseaux, fautive!

C’est en effet un calque de l’anglais « cut » qui pousse les francophones à parler de coupures budgétaires nécessaires, de coupures dans les dépenses ou de coupures de postes. La coupure, en français, correspond à plusieurs réalités moins financières : une blessure, une interruption de courant, la suppression de passages dans une œuvre, par exemple. On peut aussi l’utiliser pour parler de billets de banque, les petites coupures qui sont le moteur des grandes.

Certes, il est possible de remplacer « coupures » par les plus sémantiquement acceptables restrictions, compressions, réductions et même coupes. Mais, s’il n’en tenait qu’à elle, Sur le bout de la langue tairait ces informations et ferait des récentes et nombreuses « coupures » d’irrecevables vues de l’esprit.

Pour en savoir plus: l’article «coupure» de la Banque de dépannage linguistique