Que diable ira-t-il faire dans cette galère? – Un dictionnaire

Il y a quelques semaines, Dany Laferrière a été admis à l’Académie française. Une fois enfilé l’habit vert des Immortels, l’épée aux flancs, l’auteur sera bien équipé pour défendre la langue française. Mais quelles seront ses fonctions? À quoi s’occupent les académiciens?

Du Moyen-Âge au 17e siècle, le français passe lentement du statut de langue vulgaire à celui de langue officielle. Mais cela ne peut se faire en dehors d’un certain chaos orthographique. Encore au début du 17e siècle, plusieurs graphies d’un même mot peuvent cohabiter. De cette façon, on pourra retrouver dans un même nid autant d’hirondelles que d’arondelles ou d’erondelles. Les linguistes ont espoir de normaliser la langue et, en 1635, Richelieu leur donne la possibilité de le faire officiellement en fondant l’Académie française : « La principale fonction de l’Académie sera de travailler, avec tout le soin et toute la diligence possibles, à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences. » (Article 24 des statuts) Pour atteindre ce but, les académiciens auront pour tâche de rédiger un dictionnaire qui fera autorité.

La tâche est lourde, très lourde, et il faudra 39 ans pour donner naissance à la première édition du Dictionnaire de l’Académie française. Depuis, le dictionnaire a connu 8 éditions – la dernière ayant été publiée de 1932 à 1935 – et on travaille aujourd’hui à la neuvième.

Contrairement aux Robert et Larousse qui tentent d’intégrer rapidement les changements dans la langue française, le dictionnaire de l’Académie reste normatif et les choses y bougent très lentement, la publication des éditions étant très peu fréquente. On y ajoute tout de même de nouveaux mots pour suivre la langue dans son évolution.

La Commission du Dictionnaire consacre au monumental ouvrage un avant-midi par semaine, le jeudi. Lorsque les discussions le permettent, l’ensemble des académiciens peut poursuivre l’observation du dictionnaire le jeudi après-midi. Malgré l’impression de vétusté qui se dégage de tous ces protocoles, l’Académie s’est mise au goût du jour – ou presque, comme en témoigne le graphisme du site! – et on peut consulter en ligne la partie révisée (de A à RECEZ) de la 9e édition du Dictionnaire.

À Paris, Dany Laferrière se joindra donc aux académiciens pour observer les « R » et contribuer au bon maintien de la langue française, du moins le jeudi!

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