Design d’intérieur s’empare de la murale!

Dans le cadre de leur cours Mobilier, accessoires et équipements, les étudiantes et les étudiants de Design d’intérieur de Michel Pierre Lachance ont eu à produire des planches illustrant les tendances de 2018.

Ce qu’ils ont produit est magnifique! Certains ont même poussé la recherche esthétique jusque dans la langue et ont composé des textes de présentation de leur tendance dont ils peuvent être fiers.

Sur la murale de la valorisation de la langue du Cégep Marie-Victorin, située en face du E-112, les travaux de Youssef Missi, de Sarah Démelin, de Julie Caudron, de Mengyan Wang et de Guilaine Martel volent la vedette, en images et en mots!

Mots d’élections, mots de prédilection

La campagne électorale bat son plein et souffle sur le Québec un léger vent… de cynisme? Dans sa volonté perpétuelle d’alléger linguistiquement l’existence, Sur le bout de la langue porte à votre attention une série de mots qui – étrangement peut-être – prennent un tout nouveau sens selon qu’ils sont utilisés dans la vie courante ou à l’approche des élections. (Cette liste se retrouve aussi sur le mur de la valorisation de la langue, dans le couloir du E, au Cégep Marie-Victorin)

URNE

Dans la vie de tous les jours, une urne, c’est la mort. Ce mot désigne le vase qui sert à conserver les cendres des morts depuis son apparition en français. Ce n’est que plus tard, autour du 15e siècle, qu’il a pris le sens de récipient pour puiser de l’eau.

En période électorale, l’urne devient la boîte dans laquelle l’électeur dépose, non des cendres, mais son bulletin de vote et ses espoirs d’un monde plus représentatif.

Murale électorale affichée en face du E-112 au Cégep Marie-Victorin

BUREAU

Quotidiennement, plusieurs personnes se rendent au bureau, s’assoient à leur bureau ou se cachent dans leur bureau, selon que le mot réfère à la table de travail, à la pièce qui entoure cette même table de travail, ou à l’établissement qui regroupe des services administratifs.

Au Moyen Âge, pour faire les comptes, on déroulait sur la table une lourde étoffe appelée burel, forme ancienne de bureau. Même lorsqu’on a cessé cette pratique, on a continué de désigner la table de travail par le même nom.

Le bureau prend un autre sens le jour de l’élection. Pourtant, le bureau de vote n’a rien d’une table de travail : c’est l’endroit où nous sommes invités à voter. Il ne s’agit toutefois pas que d’un lieu physique puisqu’il accueille scrutateurs et scrutatrices, assis sagement, électeurs et électrices, le plus souvent en file, et tout le matériel nécessaire à la bonne tenue d’un vote.

BULLETIN

Depuis l’ancien français bulette (petit sceau) dont il tire ses origines jusqu’à aujourd’hui, le nom bulletin a toujours eu quelque chose d’officiel. Dans notre monde scolaire, il fait très souvent référence à ce document attendu avec plus ou moins d’appréhension et qui sert de rapport scolaire à propos du travail de l’élève.

Un bulletin peut aussi être un récépissé (attention à l’orthographe!), une jolie assonance qui désigne un document par lequel on reconnaît avoir reçu quelque chose (On vous demande d’apposer vos initiales sur une facture parce qu’on vous a remis de l’argent comptant retiré avec votre achat? C’est une forme de récépissé.)

Le jour du vote, le bulletin a aussi quelque chose de très officiel. Ce papier sur lequel on pose notre croix et tous nos espoirs ne sert pas de rapport mais plutôt de demande, de preuve de confiance envers un parti ou encore, si on adhère au Parti Nul, une façon de dire son ras-le-bol d’une démocratie désuète. Et le mot bulletin a ce sens électoral depuis le 16e siècle.

CAMPAGNE

À l’origine, campagne désignait une vaste étendue de pays plat puis, peu à peu, une étendue de champs cultivés. Aujourd’hui, la campagne évoque pour certains une brise de printemps sur des verdures ondoyantes, pour d’autres des effluves agricoles.

Mais c’est dans son sens presque militaire qu’on entend campagne ces jours-ci, comme l’ensemble d’actions ourdies pour mieux nous faire pencher d’un côté ou de l’autre. La campagne électorale partage avec la campagne militaire la froide planification d’une série d’opérations et, peut-être, les victimes collatérales.

PROMESSE

Promettre vient du latin promittere dont il n’a gardé que le sens figuré, s’engager à. Une promesse, c’est un engagement, un serment, un avenir envisagé selon certaines règles de conduite.

En période électorale, les promesses, c’est bien souvent de la poudre aux yeux…

 

Sources :

REY, Alain (dir.), Dictionnaire historique de la langue française, Paris, Éditions Le Robert, 1994. 2383p.

Druide informatique Inc., Antidote (Version 9), [logiciel], Montréal, 2015, Druide informatique.

CENTRE NATIONAL DE RESSOURCES TEXTUELLES ET LINGUISTIQUES. Portail lexical, www.cnrtl.fr

Tolérez-vous les anglicismes?

Tolérez-vous les anglicismes?
Les chroniqueurs linguistiques québécois actuels, difficilement… C’est, du moins, la conclusion à laquelle arrivent deux chercheuses de l’Université de Sherbrooke.

« La grande majorité des critiques sont catégoriques et non pas nuancées, alors que très peu d’arguments sont mis de l’avant! On utilise seulement l’argument  » ça vient de l’anglais « . Si on fait des circonlocutions, peut-être que cet anglicisme-là répond à un besoin ou comble une lacune… Ce qui m’a surprise, c’est la résistance démontrée par rapport au maigre éventail des arguments présentés. » écrivent-t-elles.

Pour lire l’article en entier:

https://www.usherbrooke.ca/actualites/nouvelles/nouvelles-details/article/37876/

Pour mieux comprendre le débat des chefs : un glossaire un brin moqueur

L’Oreille tendue propose aujourd’hui un retour linguistique sur le débat des chefs qui a eu lieu le 13 septembre 2018. «Culture», «bobos» et «pléonasme», entre autres, font l’objet d’entrées dans ce grinçant glossaire.

Pour le consulter:

Glossaire de débat

Le corrigé de la Dictée Hélène-Richer édition 2018

Auriez-vous réussi à faire un sans fautes?

La Dictée Hélène-Richer a eu lieu le mercredi 21 mars, au Cégep Marie-Victorin. Plusieurs personnes ont relevé le défi en gardant le sourire! Les organisatrices remercient les participantes et les participants de même que les commanditaires.

Pour jeter un coup d’œil aux pièges évités (ou pas), voici le corrigé : Corrigé – Hélène Richer en trois actes

bannière antidote

Chanter l’amour

Pour souligner la St-Valentin de façon plus poétique que commerciale, nous avons rassemblé les plus belles chansons d’amour, selon les employés et les étudiants de Marie-Victorin.

murale chansons

Les murs du E ne seraient pas assez grands pour écrire tous ces beaux mots! Mais vous pouvez y voir tout de même une sélection de textes inspirés.

Et le service des Communications a même concocté une liste de lecture avec toutes les suggestions reçues. Bonne écoute!

Des mots qui sonnent!

Quels sont les mots de la chanson française ? Le Paris Match s’est posé la question et, on s’en doute, les mots reliés à l’amour ont la cote. Mais c’est le verbe impersonnel et défectif « falloir » qui remporte la palme du plus utilisé dans les succès français depuis 1984. Constat d’une société qui espère toujours ou d’un monde soumis aux diktats du devoir ?

Dans l’article intitulé « Quels mots ont fait les tubes de la chanson française », on apprend que le Paris Match a utilisé son logiciel d’analyse des occurrences lexicales dans les discours politiques pour analyser les 158 chansons françaises qui ont sévi sur les palmarès des 30 dernières années. On aimerait bien que l’expérience soit tentée aussi avec les succès québécois !

Et plus si affinités…

Fondée en 1904, la compagnie French’s aurait lancé sa première campagne publicitaire en 1921. Forte de ces 97 années d’expérience, elle propose cet été une série d’affiches qui, malgré l’étrangeté de l’invitation, a de quoi plaire à ceux qui se délectent de la langue de Tremblay et des conjugaisons soignées!

moutarde french

Si la moutarde-baseball a très peu à voir avec la gastronomie française – elle tire en fait son nom du patronyme des fondateurs de la compagnie –, elle renoue cet été avec le langoureux et beaucoup moins vinaigré french kiss.

Selon certains, le french kiss serait un terme inventé par les Américains qui, au retour de la Première Guerre mondiale, auraient ainsi immortalisé leurs béats souvenirs des mœurs françaises. Est-ce une confirmation de la dextérité linguale des Français? Les Italiens perfectionnent le bacio alla francese, les Russes, le francuzkii pocelui et les Allemands, le französischer Kuss

Au Québec, on frenche semble-t-il depuis le milieu du 20e siècle. C’est du moins ce que rapporte l’entrée que le logiciel Antidote consacre au verbe frencher, dérivé, on s’en doute, de l’anglais french kiss, rapidement devenu ici un french.

Néanmoins, au-delà de la moutarde ou de l’embrassade plutôt étrangement quémandée, ce que Sur le bout de la langue remarque ici, c’est l’habileté avec laquelle le « s » déposé se fond dans la conjugaison…

Pour en savoir plus sur l’étymologie de vos condiments préférés :

https://www.druide.com/fr/enquetes/condiments-estivaux

Un 31 mai occupé

Alors que la langue occupe une grande partie de la population scolaire en cette fin de printemps frisquet (alors que d’aucuns s’échinent à rédiger des travaux de fin de session, d’autres ramassent tout leur petit change pour les corriger!), il semble que la question linguistique gagne aussi d’autres sphères de la société.

À preuve, le 31 mai 2017 a été très linguistiquement occupé dans les journaux québécois!

D’abord, Le Devoir s’intéresse aux nouveaux mots faisant leur entrée dans les dictionnaires cette année et nous propose de tester nos connaissances avec un court questionnaire.

Au même moment, Justin Trudeau est rabroué par d’illustres universitaires: ses notes biographiques officielles sont bourrées de fautes…

Au moins, parce qu’on est maintenant en 2018 dans l’univers des dictionnaires, si Justin a déjà été un gameur, il pourra désormais l’écrire sans crainte et avec un «u» dans sa biographie officielle. (Conclusion boiteuse qui répond au besoin irrépressible de faire des liens… Sur le bout de la langue retourne à ses corrections…)