Souvenirs de vacances

En vacances, Sur le bout de la langue se permet des détours qui s’avèrent parfois instructifs. Ici, alors qu’un panneau d’information tente de diriger vers une vilaine faute de grammaire, c’est plutôt la richesse du vocabulaire des scripteurs du Gouvernement de l’Ontario (et de bonnes dispositions estivales) qui attire l’œil.

N'attrayé pas les ours

Crystal Beach, Ontario

Attrayer, selon le CNRTL, signifie «attirer, faire venir quelqu’un». Bon, c’est en moyen français. Et il reste à savoir si un ours est un « quelqu’un », mais cette question est beaucoup trop complexe pour être abordée en période de canicule.

La saison des petits fruits

emballage framboises

Sur le bout de la langue est de nature avide. Et, en une allée d’épicerie « passant, la faim, l’occasion, l’herbe tendre, [les soldes] et quelque diable aussi […] poussant* », une incriminante mais ô combien tentante barquette de framboises a été achetée.

Ah, l’avidité! Il faut désormais vivre avec la culpabilité éthique (mais les framboises locales sont encore vertes sur leur plant!), environnementale… et grammaticale!

Il est de nos jours si facile de s’enrôler, d’un simple clic plus ou moins engagé, dans une multitude d’organisations que le verbe joindre, le plus souvent calqué de l’anglais, est utilisé à tous les coulis. Mais quelle déception d’arriver au fond du plat et de ne pas y trouver une formulation limpide!

Le verbe joindre signifie, lorsqu’on parle de choses, mettre ensemble, ajouter à, relier ou associer. Lorsqu’on parle de personnes, il veut dire entrer en contact avec. L’expression « joignez-vous » de l’emballage inviterait donc les gourmands, s’ils avaient des questions ou des commentaires à formuler, à s’adresser à eux-mêmes…

Il aurait donc fallu écrire « rejoignez-nous », puisque le verbe rejoindre signifie s’unir à une personne ou à un groupe, ou encore « joignez-vous à nous », puisque « se joindre à » est tout à fait acceptable dans ce sens. Mais il faut admettre que le « nous » d’une barquette de framboises reste un ensemble un peu flou.

Pour en savoir plus, deux articles de la Banque de dépannage linguistique

Joindre, un anglicisme

Ne pas confondre joindre et rejoindre

*Les Fables de La Fontaine racontent déjà tout! «Les animaux malades de la peste», Fables, Livre VII, 1678.

Audace grammaticale

photo listerineSur le bout de la langue a beau être dotée d’une imagination fertile, sa souplesse cognitive n’est pas suffisante pour organiser de façon compréhensible audace, yoga et mauvaise haleine.

Et, dans cette plus ou moins heureuse superposition de cyan et de magenta, c’est d’abord la faute d’accord que nous remarquons! Un petit rappel (à répéter comme un mantra?):

Dans le cas du passé d’un verbe pronominal (se laver), il faut modifier l’auxiliaire pour créer un participe passé employé avec avoir.

Elle s’est rincé devient

Elle a rincé.

Le reste, on le maîtrise comme la plus basique des postures… Il suffit de trouver le complément direct (rincé quoi? la bouche), ici placé après le participe passé. Il n’y a donc pas d’accord.

Même sans la faute, la pub reste particulièrement étrange… Aujourd’hui, madame L. s’est rincé la bouche, ce qui lui permet d’enfiler avec audace un léotard magenta et de se courber dans un équilibre complexe et précaire. Espérons qu’elle s’est aussi lavé les pieds! (?) (Nous ne voyons aucune autre explication…)

Admiratives félicitations à tous les participants!

Cette année encore, des dizaines de participants ont bravé les intempéries grammaticales et orthographiques lors de la Dictée Hélène-Richer. Ce concours exclusif au Cégep Marie-Victorin a la particularité de réunir, dans une ambiance à la fois compétitive et bon enfant, étudiants et employés désireux d’affronter les difficultés de la langue.

Le 30 mars 2016, la barre était haute. Le Prétexte avait préparé une solide dictée sur le thème du café, et Pierre Brodeur, professeur de théâtre, a lu le texte à des participants aux aguets. De nombreux prix de participation ont été remis au cours de l’activité, ce qui a permis à tous de patienter quelques jours avant l’annonce officielle des gagnants!

À l’avant, les gagnantes de la Dictée Hélène-Richer 2016 chez les employés : Manon Larochelle, BRAC, Geneviève Deschênes, BRAC et Marie Blain, Direction des études. À l’arrière : Éric Dion, directeur des ressources humaines, Sylvain Mandeville, directeur général, Sarah-Claude Roy, responsable du Prétexte et Adeline Gendron, Sur le bout de la langue

À l’avant, les gagnantes de la Dictée Hélène-Richer 2016 chez les employés : Manon Larochelle, BRAC, Geneviève Deschênes, BRAC et Marie Blain, Direction des études.
À l’arrière : Éric Dion, directeur des ressources humaines, Sylvain Mandeville, directeur général, Sarah-Claude Roy, responsable du Prétexte et Adeline Gendron, Sur le bout de la langue

Le Prétexte et Sur le bout de la langue tiennent à féliciter,

Chez les employés :

1re place : Geneviève Deschênes, du Bureau de la reconnaissance des acquis et des compétences

2e place : Marie Blain, de la Direction des études.

3e place : Manon Larochelle, du Bureau de la reconnaissance des acquis et des compétences.

Les prix pour les employés ont été offerts par la Direction des ressources humaines. Marie Blain a choisi de remettre le sien aux étudiants du Prétexte. L’amour de la langue semble une des bases du BRAC qui, encore cette année, s’est mérité le prix remis au service présentant le plus de participants offert par Resto-Bar Capucine. On voit ici les représentants du BRAC, tout sourire, au moment où on leur a livré la collation associée à ce prix.

Certains des employés du BRAC.

Certains des employés du BRAC.

Chez les étudiants :

Pour la dictée longue

1re place : Simon Forget

2e place : Shanti Desautels-Roy

3e place : David Méus

Pour la dictée courte

1re place : Kathy Borno

2e place : Katrina Pimentel

Les prix remis aux étudiants ont été offerts par la Direction générale et par les Éditions Druide.

Le Prétexte et Sur le bout de la langue, de même que toute la communauté du Cégep Marie-Victorin, offre ses plus admiratives félicitations à tous les participants!..

… et remercie ceux qui ont rendu l’activité possible : Direction générale, Direction des ressources humaines, Direction des études, Éditions Druide Informatique, Éditions Le Robert, Coop Marie-Victorin, Papier Profusion, Espace 7000 et Resto-Bar Capucine.

Un concours!

Du 3 au 23 mars ont lieu les Rendez-vous de la Francophonie. Sur le site de l’événement, on peut, entre autres, participer à un concours de dictée à choix multiples.

Sur le bout de la langue, dans sa magnanimité, vous offre même un indice:

Un bon entraînement pour la plus locale mais non moins intéressante Dictée Hélène-Richer du 30 mars!

Acheter local…

Une mauvaise traduction peut parfois couper l’appétit… et éveiller la curiosité! Non, les gras trans n’ont rien à voir avec les transports, et ils ont peu en commun avec la signification habituelle du préfixe («qui traverse l’espace ou la limite» selon le CNRTL). Leur appellation relève de la chimie. Apparu en 1931, l’adjectif trans (remarquez que, contrairement au préfixe, l’adjectif est autonome) caractérise une molécule dont les éléments se trouvent de part et d’autre d’une liaison simple intermédiaire. De quoi mettre l’eau à la bouche!

Le cochon mystérieux

On le sait, les courtiers immobiliers ont le sens de l’humour (Bienvenue à Calembourg). Et ils savent surprendre! Cette image sur laquelle deux coquets représentants de la race porcine semblent rigoler ferme (ils s’entendraient donc comme lardons en foire? Vite, courtier, trouvez-nous une résidence à Calembourg!) en est la preuve :

À première vue, rien ne laisse deviner l’association saugrenue entre cochons et immobilier. Il faut retourner le prospectus pour constater qu’il s’agit bien de la publicité on ne peut plus originale d’une agence immobilière plus souvent associée à la montgolfière qu’à la famille des suidés.

Mais revenons à nos cochons. Deux choses intriguent dans cette publicité : le choix du cochon, certes, et l’absence de « s » audit cochon.

Si cochon avait été adverbe, il aurait été invariable (« Enfin des honoraires pas mal.») Mais ici, il s’agit d’un adjectif qu’on aurait pu remplacer, par exemple, par « salés ». Il aurait fallu écrire « Enfin des honoraires pas cochons ».

Même avec la marque du pluriel, le choix de la bête reste surprenant. Le mot « cochon » est attesté dans la langue française depuis 1091 et pourrait venir de l’onomatopée coch-coch exprimant le grognement de l’animal. Le sens figuré de personnage grossier physiquement ou moralement apparaît à la fin du 17e siècle. Aujourd’hui, on trouve en général deux sens figurés à cochon, le premier rappelant la saleté de l’animal, l’autre étant associé à un caractère salace, obscène*. Dans les deux cas pourtant, rien à voir avec des honoraires… Du moins on l’espère! (Argent sale? Tractations obscènes?)

Spontanément, on aurait sans doute plutôt choisi le chien comme animal de compagnie publicitaire. « Des honoraires pas chiens » aurait annoncé des honoraires pas méchants. Mais il semble que le nombre d’animaux disponibles à Calembourg soit limité, et une autre publicité de la même compagnie reçue en même temps nous montrait que le chien vaquait vaillamment à d’autres occupations…

* Définition tirée du Dictionnaire historique de la langue française, Éditions Le Robert, 1994, p. 440.

Wtf?

Puisque Sur le bout de la langue part en mission contre les mauvaises traductions sur Facebook – et que la mégalomanie n’est pas le moindre de ses troubles – nous suggérons aujourd’hui de remplacer wtf?, beaucoup trop présent sur les médias sociaux, par l’allographe joliment plus québécois dkc?

Qui aime nous suive!

Langue de bouc

Sur le bout de la langue est pour la francisation mur à mur (oui, on le sait… mais, dans ce cas-ci, l’expression devient un joli oxymore, non?), mais aime bien que les règles de l’art soient respectées! Certains traducteurs – nous espérons qu’ils sont automatiques! – ont visiblement mal intégré les codes pas du tout secrets qui régissent le choix d’un pronom relatif. Que Facebook le sache: lorsque le lecteur sent un irrépressible besoin d’ajouter «dedans» à la fin de la phrase (Comme dans « AMIE a commenté un statut que vous êtes tagué dedans»), c’est qu’il aurait fallu préférer «dans lequel» au si commun «que». Nous travaillons corps et âme à la production d’un tableau résumant les choix des pronoms relatifs et nous pourrons «taguer Facebook dedans» très bientôt.

Tout de suite après, Sur le bout de la langue pourra se consacrer à BlackBerry…

 

Double insulte

Sur le bout de la langue s’épanouit dans le merveilleux monde de la consommation et déambule parfois, tranquillement, entre les rayons d’une grande surface. À ses risques! Les mauvaises traductions sont partout et n’attendent qu’un virage trop lent au bout d’une allée pour nous insulter!

La faute de genre (créative?) laisse supposer que Sur le bout de la langue devrait peut-être s’occuper de papilles au lieu de langue puisque seul le genre féminin serait doté de suffisamment de raffinement pour façonner ces exquises boules de glace. Heureusement, la faute de conjugaison qui précède et les nombreuses erreurs disséminées sur l’emballage lui montrent que sa mission n’est pas terminée…