Beaucoup de travail pour Ginette!

L’anacoluthe* de la première phrase de cette publication de Métro mon épicier laisse présager d’un avent éreintant pour Ginette!

*anacoluthe: «Rupture de la construction syntaxique intervenant en cours de phrase, de telle manière que, sans qu’il y ait rupture du lien logique, la fin de la phrase n’est plus grammaticalement en harmonie avec son début». CNRTL

Envie de partir? Des suggestions littéraires et musicales!

Sur le mur de la valorisation de la langue: une escapade routière littéraire et musicale

Les vacances semblent déjà loin… Besoin de dépaysement? À la suggestion de Sarah Leroux, mégatutrice au Prétexte, on propose un road trip – l’OQLF recommande plutôt « escapade routière » – québécois. (Il est possible de contempler une version matérielle et beaucoup plus lisible en face du E-112!)

Aux trouvailles de Sarah, qui mettent elles-mêmes en scène des exils, de longs voyages, des kilomètres avalés, on ajoute quelques romans québécois qui font visiter un ailleurs pas trop éloigné.

On fournit même la trame sonore de cette escapade routière littéraire avec une sélection de chansons géographiquement liées aux romans proposés!

Bon voyage!

Recherche :        Sarah Leroux, du Prétexte et le département de Lettres

Que du beau!

Parce que la rentrée peut parfois être le lieux de tous les chaos, Sur le bout de la langue vous souhaite d’harmoniser au moins votre environnement sonore. La sélection d’Icimusique de chansons tirées de poèmes peut y contribuer! Rimbaud par Daniel Bélanger, Nelligan par Claude Léveillé, Péloquin par Yann Perreau… ce n’est que du beau!

Webradio – Des poèmes en chanson

Bonne écoute (et bonne rentrée)!

 

Chanter l’amour

Pour souligner la St-Valentin de façon plus poétique que commerciale, nous avons rassemblé les plus belles chansons d’amour, selon les employés et les étudiants de Marie-Victorin.

murale chansons

Les murs du E ne seraient pas assez grands pour écrire tous ces beaux mots! Mais vous pouvez y voir tout de même une sélection de textes inspirés.

Et le service des Communications a même concocté une liste de lecture avec toutes les suggestions reçues. Bonne écoute!

Et plus si affinités…

Fondée en 1904, la compagnie French’s aurait lancé sa première campagne publicitaire en 1921. Forte de ces 97 années d’expérience, elle propose cet été une série d’affiches qui, malgré l’étrangeté de l’invitation, a de quoi plaire à ceux qui se délectent de la langue de Tremblay et des conjugaisons soignées!

moutarde french

Si la moutarde-baseball a très peu à voir avec la gastronomie française – elle tire en fait son nom du patronyme des fondateurs de la compagnie –, elle renoue cet été avec le langoureux et beaucoup moins vinaigré french kiss.

Selon certains, le french kiss serait un terme inventé par les Américains qui, au retour de la Première Guerre mondiale, auraient ainsi immortalisé leurs béats souvenirs des mœurs françaises. Est-ce une confirmation de la dextérité linguale des Français? Les Italiens perfectionnent le bacio alla francese, les Russes, le francuzkii pocelui et les Allemands, le französischer Kuss

Au Québec, on frenche semble-t-il depuis le milieu du 20e siècle. C’est du moins ce que rapporte l’entrée que le logiciel Antidote consacre au verbe frencher, dérivé, on s’en doute, de l’anglais french kiss, rapidement devenu ici un french.

Néanmoins, au-delà de la moutarde ou de l’embrassade plutôt étrangement quémandée, ce que Sur le bout de la langue remarque ici, c’est l’habileté avec laquelle le « s » déposé se fond dans la conjugaison…

Pour en savoir plus sur l’étymologie de vos condiments préférés :

https://www.druide.com/fr/enquetes/condiments-estivaux

Une publicité qui joue avec les mots

La publicité «Vocabulaire Vaillancourt» a remporté cette semaine le Grand Mérite Francopub, décerné par l’OQLF. Si, comme nous, vous ne l’aviez pas vue, vous pouvez y jeter un coup d’œil sur le blogue de L’Oreille tendue.

Pour connaitre les autres lauréats du Gala des Mérites du français, on peut consulter le site de l’OQLF.

Méchante poésie

(Sur le bout de la langue, même en retard sur la nouvelle, ne peut résister à quelques vers mal ficelés…)

Le 5 octobre, Philippe Couillard s’est déguisé en poète pour souligner le départ de Sylvain Gaudreault, qui quitte sa position de chef intérimaire du PQ pour regagner son siège de député. Il a jeté de la poudre aux yeux à l’assemblée, tellement qu’après l’envolée lyrique du premier ministre, « M. Gaudreault s’est […] levé de son siège pour aller remercier M. Couillard, sous les applaudissements de ses collègues.* »

Caricature de Côté publiée dans Le Soleil du 7 octobre 2016.

Caricature de Côté publiée dans Le Soleil du 7 octobre 2016.

La forme a impressionné un public plus habitué à la langue de bois qu’à la versification. Pourtant, une fois le choc esthétique passé, on se rend tout de même compte que l’hommage de Couillard est surtout teinté de mépris…

Hommage à Sylvain Gaudreault, par Phillipe Couillard

De nos courtes vies, les parques filent la toile.

Bien osé pour nous d’en deviner le cours.

Le PQ bientôt montrera un troubadour

Capable selon eux de redresser les voiles

D’un bien fragile esquif voguant vers les hauts fonds

D’un récif acéré qui n’offre rien de bon.

De notre collègue la voix s’éteindra-t-elle ?

Un autre fauteuil déjà attend son appel.

On y entendra parler de séparation.

Pourtant, quelle douceur dans le beau mot union !

Redoutable adversaire aujourd’hui, il demeure.

De son ralliement futur nous attendons l’heure,

Car de notre grand parti est issu le sien,

Travaillons ensemble pour refaire ce lien.

 

Selon cet hommage rimé, le prochain chef du PQ sera, qui qu’il soit, un « troubadour », ce poète chanteur médiéval au charme suranné et inoffensif. Le parti lui-même — passons ici la licence poétique qui permet à M. Couillard d’accorder « eux » (m.p.) avec PQ (m.s.) — est comparé à un fragile esquif (petite embarcation) qui vogue à sa perte dans une cascade indomptée de compléments du nom (« les voiles d’un fragile esquif » qui vogue vers « les hauts fonds d’un récif acéré qui n’offre rien de bon. »)

Un esprit mal tourné pourrait même voir dans les vers suivants un euphémisme qui sonne le glas de Gaudreault, dont la voix s’éteindra sous peu. Et s’il s’en sort, Gaudreault sera condamné à appeler un patient fauteuil, seul répondant possible pour les questions de séparation ?

Après ces douceurs, il nous semble un peu surprenant que le premier ministre invite Gaudreault à grossir les rangs du clan libéral…

MORALITÉ (nous avons, nous aussi, lu quelques classiques)

Vous « [q]ui savez que c’est la manière

Dont quelque chose est inventé,

Qui beaucoup plus que la matière

De tout récit fait la beauté** »,

Sachez que pour recevoir des applaudissements à l’Assemblée, rien ne vaut quelques méchancetés bien rimées.

Couillard aura au moins eu l’audace du vers et l’élégance du vocabulaire.

Pour une poésie politique, Sur le bout de la langue préfère — de loin ! — Véronique Côté.

 

** Charles Perrault, « Les souhaits ridicules », Contes de ma mère l’Oye, 1697

Souvenirs de vacances

En vacances, Sur le bout de la langue se permet des détours qui s’avèrent parfois instructifs. Ici, alors qu’un panneau d’information tente de diriger vers une vilaine faute de grammaire, c’est plutôt la richesse du vocabulaire des scripteurs du Gouvernement de l’Ontario (et de bonnes dispositions estivales) qui attire l’œil.

N'attrayé pas les ours

Crystal Beach, Ontario

Attrayer, selon le CNRTL, signifie «attirer, faire venir quelqu’un». Bon, c’est en moyen français. Et il reste à savoir si un ours est un « quelqu’un », mais cette question est beaucoup trop complexe pour être abordée en période de canicule.