Souvenirs de vacances

En vacances, Sur le bout de la langue se permet des détours qui s’avèrent parfois instructifs. Ici, alors qu’un panneau d’information tente de diriger vers une vilaine faute de grammaire, c’est plutôt la richesse du vocabulaire des scripteurs du Gouvernement de l’Ontario (et de bonnes dispositions estivales) qui attire l’œil.

N'attrayé pas les ours

Crystal Beach, Ontario

Attrayer, selon le CNRTL, signifie «attirer, faire venir quelqu’un». Bon, c’est en moyen français. Et il reste à savoir si un ours est un « quelqu’un », mais cette question est beaucoup trop complexe pour être abordée en période de canicule.

Une soirée chez les collectionneurs

Les possibilités de la langue française sont presque infinies! Qui aurait pu soupçonner que certains collectionnaient les balles de fronde, et que ces collectionneurs étaient parés d’un nom bien à eux, celui de glandophiles? La Banque de dépannage linguistique propose une liste touffue de noms de collections et de collectionneurs. Pour en découvrir quelques-uns – avouons-le, surtout pour vous divertir – Sur bout de la langue vous propose une énigme à résoudre.

Tout avait bien commencé. M. Leblond et Mme Leboeuf avaient organisé une fête dont eux seuls avaient le secret. Ils avaient choisi six convives, triés sur le volet, réunis pour leur passion pour la collection. Pourtant, au second service du repas, alors qu’on avait annoncé qu’on servirait des cuisses de grenouilles, un des invités est parti en claquant la porte. En tenant pour acquis que chaque invité n’occupe qu’un emploi et ne cultive qu’une passion, celle de sa collection, saurez-vous trouver de qui il s’agit?

 

Les hôtes, M. Leblond et Mme Leboeuf, pour mieux veiller sur le bon déroulement de la soirée, avaient pris les places du bout. Tous les invités étaient heureux d’être accueillis chez de pareils épicuriens. Les organisateurs de la soirée s’étaient rencontrés il y a longtemps déjà. L’un passionné par les saucissons, l’autre par la bière, ils avaient vite compris la complémentarité de ce qui les passionnait!

Même si elle était la cousine de Mme Leboeuf, l’ésitériophile était très éloignée d’elle à la table.

M. Letang était aux anges, entouré des deux plus jolies femmes de la soirée : son amie Mme Loiselle, et cette inconnue que Mme Leboeuf avait présentée comme sa cousine.

Mme Vandal était assise au centre, face à la fenêtre. À sa droite se trouvait son mari architecte. Ils s’étaient rencontrés sur un chantier : il s’occupait de la maison, elle entretenait la cour avec ses collègues horticulteurs. Il lui avait offert un nain de jardin – de ceux qui transportent une brouette – et avait du même coup allumé sa passion et entraîné son goût pour la collection.

Mme Juste était de son côté un peu déçue d’être placée si loin de M. Grandmaison, notaire voyageur et  grand amateur de petites douceurs (oui oui, de vulgaires morceaux de sucre, elle le savait bien!) emballées. Elle le trouvait tout simplement à croquer! Elle-même collectionnait les billets de métro qu’elle glissait délicatement tous les matins dans son précieux sac d’école rempli de copies à corriger. En cette fin de session, l’enseignante aurait bien aimé une relation sucrée.

La lucanophile et le périsaccharophile avaient peu en commun, si ce n’est qu’ils étaient assis tous deux immédiatement à côté de l’hôtesse.

M. Brûlé connaissait peu son hôte, mais avait échoué immédiatement à sa gauche. Quand il avait appris que M. Leblond était artificier à ses heures, le cumixaphiliste avait ressenti un léger malaise : pour lui, tant de pétards allumés relevaient du gaspillage.

Mme Loiselle était assise à côté de la salsicophile, en face de M. Grandmaison. Elle était venue en métro, se servant du dernier train qu’elle avait conduit pour se rendre chez ses hôtes.

L’erpétophile était assis à côté de la collectionneuse de cerfs-volants, en face de la nanipabulophile.

M. Letang, ancien champion de natation, était assis en face d’une femme qui ne cessait de lui parler de nains et de brouettes. Mais il n’écoutait que plus ou moins ce babillage, beaucoup plus intéressé par les récits hilarants de Mme Loiselle, assise à sa droite.

Pour remercier Mme Leboeuf de l’avoir invitée, sa cousine, connaissant bien la passion de son hôtesse, lui avait offert un magnifique et très gras saucisson. Comme Mme Leboeuf savait que sa cousine connaissait peu les autres convives, elle lui avait réservé la place à la droite de son mari, M. Leblond, l’artificier tégestophile.

Mme Loiselle, assise un peu trop loin du cumixaphiliste, n’avait rien entendu de ses conversations sur les allumettes. Elle avait bien entrevu quelques photos de la superbe construction qu’il avait faite pour célébrer son 10e anniversaire de mariage avec la nanipabulophile.

Mme Juste enviait parfois la conductrice de métro qui, elle, ne rêvait que de cerfs-volants.

Un peu stressé de recevoir tous ces gens, soucieux de plaire à tous, M. Leblond avait même sacrifié une partie de sa collection : il s’était servi une pinte d’ale hongroise au goût des plus délicats.

Personne ne savait ce que Mme Leboeuf faisait comme travail, mais tous s’entendaient pour dire que c’était une hôtesse incomparable. Jusqu’à cette sombre annonce faite à tous : l’entrée de cuisses de grenouilles serait servie dans quelques minutes. Quelqu’un s’était alors levé, outré qu’on dénigre ainsi sa passion. Pire! Qu’on la serve dans de petits plats! Une porte avait été claquée, les conversations s’étaient faites moins enjouées, et Mme Juste avait invité M. Grandmaison à prendre un café.

Un souper chez les collectionneurs – solution

 

Pour survivre aux élections

Le site de l’Office québécois de la langue française propose, dans sa bibliothèque virtuelle, un lexique électoral. Avec la campagne municipale qui bat son plein et les rumeurs d’élections provinciales, il peut être bon de le consulter. On y apprend par exemple que l’expression « livrer la marchandise » pourrait être utilisée avec un peu plus de discernement par les candidats. En effet, elle est tout à fait correcte… lorsqu’on parle de livraison et de marchandises réelles! Lorsqu’on l’emploie dans son sens figuré, elle est un calque de l’anglais qu’on devrait remplacer par respecter ses engagements.

Le lexique propose aussi un rappel sur l’utilisation de la majuscule dans la dénomination des partis politiques. Comme pour les titres de livres, il est recommandé de mettre la majuscule au premier nom se trouvant dans le titre, de même qu’à l’adjectif qui l’accompagne lorsque ce dernier le précède (le Parti vert, Québec solidaire, Nouveau Parti démocratique). Certaines dénominations peuvent donner du fil à retordre: heureusement qu’il y a plusieurs noms propres dans le Vrai Changement pour Montréal – groupe Mélanie Joly! D’ailleurs, peut-être pour éviter la confusion, le parti a choisi de n’utiliser que la majuscule sur ses affiches

Pour consulter le lexique

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