Réviser son texte avant de le rendre au professeur?

Avec la fin de session vient, pour les étudiants, le défilement effréné des dates de remise de travaux. Pleins de bonne volonté, certains chercheront auprès de leur professeur des trucs pour apprendre à relire leurs textes de façon efficace. Mais comment les aider lorsque les « Sois attentif » et « Regarde bien les homophones » s’avèrent des coups d’épée dans l’eau? S’appuyant sur un article de Suzanne-G. Chartrand[1] et sur l’expérience de collègues enseignant le français, Sur le bout de la langue vous propose ici quelques trucs à donner aux étudiants inquiets.

Réviser son texte : une question de distanciation

Même le meilleur des rédacteurs ne peut voir ses fautes le nez collé à l’écran, encore moins le ventre vide, en proie à un manque de sommeil ou avec quelques litres de café dans les veines.  Pour bien être en mesure de relire son texte, il faut s’en distancer, de toutes les façons possibles.

1)      Une distanciation dans le temps

Dans un monde idéal, il faudrait laisser reposer un texte avant de le relire. Quelques jours, ou au moins quelques heures.  Le temps que les étudiants réservent à la révision de leurs travaux est généralement beaucoup trop court, et beaucoup trop rapproché de la fin de la rédaction. Pour les aider, prévoyez avec eux un calendrier de rédaction qui pourrait allouer, pour les gros travaux de session, quelques jours pour la relecture. Pour des examens faits en classe, suggérez-leur de simuler une pause (ranger ses affaires, prendre une collation, regarder par la fenêtre quelques minutes…) qui marquera bien la différence entre la période de rédaction et la période de révision.

2)      Le support

Il est très difficile de se corriger à l’écran. Suggérez aux étudiants d’imprimer leur travail, et de le corriger stylo à la main. Les flèches et les ratures rendent la lecture physique, active, et permettent de repérer des erreurs qu’on ne verrait pas à l’écran.

3)      La lecture par un tiers

Que ce soit par maman, par papa, ou par son meilleur ami, lorsqu’on a la chance de faire relire un texte par un tiers, il faut la saisir! Naturellement, il faut choisir un lecteur digne de confiance, mais même un tiers qui maîtrise plus ou moins bien la grammaire pourrait donner des commentaires sur la forme ou sur la clarté d’un travail.

Naturellement, nous n’avons pas tous un lecteur à portée de main. Il existe quelques solutions de remplacement au lecteur en chair et en os. Le logiciel de correction Antidote en est un très efficace. Vos étudiants n’ont pas Antidote à la maison? Sachez que quelques ordinateurs munis du logiciel sont offerts en libre-service au Prétexte (2e étage de la bibliothèque) pendant les heures d’ouverture du centre d’aide.

Et si la rédaction se fait en classe? Lire « à voix haute dans sa tête », c’est-à-dire en articulant bien chacun des mots, sans surfer sur le texte, peut être un bon point de départ.

4)      Séparer le contenu de la forme

Toutes les stratégies proposées jusqu’à maintenant peuvent contribuer à améliorer tant le contenu d’un texte que la qualité de la langue utilisée. Il est tout de même important de suggérer aux étudiants de réserver une relecture à la correction de la langue. Et pour se consacrer exclusivement à la grammaire et à l’orthographe, il est important de se détacher du contenu. Ce n’est pas parce qu’un texte est clair qu’il est exempt de fautes, mais c’est ce qu’une lecture rapide pourrait laisser croire.

Pour se détacher du contenu, certains marqueront le texte. L’étudiant pourrait, par exemple, souligner tous les verbes conjugués, puis trouver leur sujet, ou encore faire les « lunettes » qui associent donneurs (les noms, par exemple) à leurs receveurs (déterminants, adjectifs…). D’autres préféreront lire le texte « à l’envers », en commençant par la dernière phrase. De cette façon, la lecture ne peut être influencée par la qualité du contenu. En somme, il faut se couper de ce que le texte dit pour mieux voir comment il le dit, tenter par tous les moyens de se retrouver exclusivement dans la langue.

Finalement, il faut rappeler aux étudiants qu’il est très difficile, voire impossible, de tout corriger en une seule lecture. Il faut donc qu’ils apprennent à cibler leurs lacunes et à choisir ce qu’ils désirent corriger. Un élève qui fait beaucoup de fautes d’homophones pourra consacrer une première relecture à ce seul problème. S’il lui reste du temps, il pourra ensuite relire son texte en n’observant, par exemple, que les verbes conjugués.

 

Tous ces trucs sont intéressants, mais il faut leur donner du temps. Pour aider les étudiants à trouver ce temps, on peut

–          Prévoir une semaine dans le calendrier de préparation des travaux pour la révision et l’édition des textes;

–          Surprendre les étudiants, le jour de la remise, en leur laissant une trentaine de minutes pour corriger leur travail avant de le déposer sur le coin de votre bureau;

–          Les inciter à compter le temps de révision dans le temps de rédaction (quatre heures pour la rédaction d’un travail, c’est 3 h 15 de rédaction ET 45 minutes de révision).

Une meilleure révision des travaux par les étudiants, c’est une correction plus agréable pour les professeurs!

Pour en savoir plus :

La méthode de relecture du CCDMD

Quelques trucs pour la révision linguistique (document à venir)