Dictée Hélène-Richer – deuxième séance d’entraînement : quel que soit le quelque

Alors que la CAQ « se donne Legault » pour aller on ne sait où, le Parti Libéral désire parler « des vraies affaires », quelles que soient lesdites affaires. Le Parti Québécois, de son côté, se veut « plus prospère / plus fort / plus indépendant / plus accueillant ». Que qui? Que quoi? La phrase-choc est, décidément, rédigée et placardée beaucoup plus pour son impact que pour sa précision!

Mais laissons là ce commentaire électoral pour nous concentrer sur l’entraînement grammatical menant à la Dictée Hélène-Richer (qui, nous le rappelons, aura lieu le 26 mars à 12 h 15 au H-107). Quand faut-il utiliser quel que en deux mots? Quand faut-il accorder quelque?

Fidèle à ses habitudes, Sur le bout de la langue a choisi de vous présenter les règles qui régissent le choix et l’accord de quelque dans la grande majorité de ses utilisations (nous laissons à d’autres plus érudits que nous le soin de traiter des exceptions).

Dans un premier temps, il faut voir devant quel mot est utilisé quelque / quelques / quel que.

Quel que s’écrit en deux mots s’il est suivi du verbe être au subjonctif (ou du pronom personnel qui introduit ce même verbe être au subjonctif). Il s’accorde alors en genre et en nombre avec le sujet du verbe.

Quelles que soient les affaires abordées par l’équipe de Couillard, elles se doivent d’être vraies.

Dans les autres cas, quelque s’écrit en un mot et ne s’accorde que s’il est suivi d’un nom. Il s’accorde alors avec ce nom.

Pauline Marois et ses candidats ont déjà eu à essuyer quelques railleries.

Dans les autres cas, quelque est invariable.

Pour d’autres exemples, consultez le Quelque – Quel que

Pour tester vos connaissances, une dictée trouée de l’OQLF

Et pour en savoir plus, l’article de la Banque de dépannage linguistique

 

Les prépositions cachées de Mélanie Joly

Mélanie Joly, lors du lancement de sa campagne, affirmait que « Ce que [sic]  Montréal a besoin, c’est de leadership ». Elle sert ici d’exemple, mais nombreux sont les candidats aux élections municipales à nous abreuver cet automne de pronoms relatifs  mal choisis. Qu’on l’affiche sur tous les poteaux s’il le faut, ce DONT les Coderre, Joly, Bergeron et Côté ont besoin ces jours-ci, c’est d’une petite révision grammaticale!

Un emploi délicat

Le pronom dont ne cultive pas la transparence. En effet, il faut savoir qu’il cache  toujours un de. On utilise ainsi dont avec un verbe dont le complément est introduit par la préposition de. Par exemple:

Le candidat dont je t’ai parlé faisait du porte-à-porte hier.       Je t’ai parlé d’un candidat.

L’enveloppe qu’il a reçue n’était pas brune. Il a reçu une enveloppe. (Pas de pot-de-vin, et pas de préposition de)

Il a été félicité pour cette nouvelle signalisation dont il est si fier.        Il est fier de cette nouvelle signalisation.

Les amateurs de terminologie grammaticale auront sans doute remarqué que dont est souvent complément indirect; que, lui, est en général complément direct.

Et  les pointilleux seront heureux d’apprendre que la liaison est facultative après le dont. Ce sera un petit répit pour les candidats aux élections, qui pourront clamer haut et fort que la nouveauté don-t-elle (ou don-elle) a besoin, la ville l’aura enfin!

Pour  en savoir plus:

Banque de dépannage linguistique

Un exercice sur le choix du pronom relatif

 

La virgule inspirée

Pour répondre à une question qui lui est souvent posée, Sur le bout de la langue désire aujourd’hui défaire quelques croyances liées à l’utilisation de la virgule.

Première croyance : la ponctuation respecte des règles tellement complexes qu’elles paraissent aléatoires.

Malheureusement, l’utilisation de la virgule ne relève pas du hasard et n’est pas qu’une question de style. La grammaire impose certaines règles, même en ce qui concerne la ponctuation.

Seconde croyance : la principale fonction de la virgule est de nous permettre de respirer.

Lorsqu’on lit un texte écrit, la virgule est, certes, un moment de répit, une brève pause dans la lecture, plus courte que l’arrêt suggéré par le point. Mais l’inverse n’est pas vrai. Il ne suffit pas de lire son texte en respirant profondément pour trouver où placer les virgules. Imaginez l’instabilité d’un système de ponctuation reposant sur le degré d’essoufflement – ou de congestion nasale – de son utilisateur! Un bon exemple de cette impossibilité de transférer directement de l’oral à l’écrit l’utilisation de la virgule est celle du coordonnant « mais ». À l’oral, on prend généralement une pause après le « mais » (« J’ai bien pensé à mon examen mais (respiration) je ne pense pas le réussir. ») alors qu’à l’écrit, il faut ponctuer AVANT le coordonnant (« J’ai bien pensé à mon examen, mais je ne pense pas le réussir. »)

Si l’utilisation de la virgule vous fait peur, sachez que cinq grandes règles expliquent presque tous les cas d’utilisation de la virgule.

Pour les cas plus complexes, mieux vaut se référer à la Banque de dépannage linguistique de l’OQLF.

Documents à imprimer – invitation au Prétexte pour un problème ciblé

Vous remarquez qu’un élève répète toujours la même erreur? Il vous est possible de lui conseiller d’aller au Prétexte pour un rendez-vous pour un problème ciblé. La notion grammaticale défaillante pourra être revue dans une rencontre individuelle de trente minutes. Remplissez pour l’élève le formulaire Invitation problème ciblé et demandez-lui de le remettre au responsable du Prétexte.

Cégep minuscule, institution majuscule

Devons-nous écrire « Cégep Marie-Victorin » avec un « c » majuscule?

La réponse dépend du sens qu’on donne au mot cégep.

Si on parle de l’institution, du Cégep Marie-Victorin, on utilise la lettre majuscule. On écrit par exemple « la Politique d’évaluation des apprentissages du Cégep Marie-Victorin », ou on postule à un emploi au « Cégep Marie-Victorin ».

Par contre, si on parle des lieux physiques (« on se rencontrera tout à l’heure au cégep ») ou encore du niveau d’étude (« Étudieras-tu au cégep ou à l’université? »), il faut plutôt utiliser la lettre minuscule.