Échec

Il y a quelques jours, des habitants de Trout River, à Terre-Neuve, manifestaient leur inquiétude : une immense baleine bleue – rendue plus grosse encore par le processus de décomposition qui la gonflait de méthane – menaçait d’exploser sur ses rives.  Le cétacé, échoué sur les rochers, avait été fait prisonnier par les glaces et y avait laissé sa vie.

Dans quelques jours, les étudiants du cégep Marie-Victorin manifesteront leur inquiétude : l’heure des remises – rendue plus intense encore par les beaux jours qui font espérer les vacances – sonnera. Les étudiants menaceront-ils d’exploser? Certains, échoués sur les tables à pique-nique qui bordent le collège, ne sentiront peut-être pas le danger d’échouer à l’examen.

Que l’on soit baleine ou étudiant, il faut savoir que le verbe « échouer » s’emploie différemment s’il s’agit d’un échec ou d’un échouage. Lorsqu’il est utilisé au sens figuré de « ne pas réussir quelque chose », d’un échec, le verbe échouer doit être suivi de la préposition à. Celui qui ne s’est pas bien préparé pourra échouer à son examen (et non échouer son examen). Lorsqu’il est utilisé, toujours dans un sens figuré, mais sans la préposition, échouer peut signifier « ne pas aboutir », en parlant d’une action. (Les tentatives de persuasion de cet étudiant ont échoué. Les manœuvres pour déplacer le mammifère marin ont échoué.)

Finalement, comme les baleines, on peut échouer quelque part, se trouver dans un lieu par lassitude ou par hasard. Pour un navire, on parlera alors d’échouage. Ainsi, après l’examen final, plusieurs échoueront sur une terrasse ensoleillée pour célébrer le début de l’été.

Pour en savoir plus, l’article «échouer» de la Banque de dépannage linguistique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *