Acheter local…

Une mauvaise traduction peut parfois couper l’appétit… et éveiller la curiosité! Non, les gras trans n’ont rien à voir avec les transports, et ils ont peu en commun avec la signification habituelle du préfixe («qui traverse l’espace ou la limite» selon le CNRTL). Leur appellation relève de la chimie. Apparu en 1931, l’adjectif trans (remarquez que, contrairement au préfixe, l’adjectif est autonome) caractérise une molécule dont les éléments se trouvent de part et d’autre d’une liaison simple intermédiaire. De quoi mettre l’eau à la bouche!

Le cochon mystérieux

On le sait, les courtiers immobiliers ont le sens de l’humour (Bienvenue à Calembourg). Et ils savent surprendre! Cette image sur laquelle deux coquets représentants de la race porcine semblent rigoler ferme (ils s’entendraient donc comme lardons en foire? Vite, courtier, trouvez-nous une résidence à Calembourg!) en est la preuve :

À première vue, rien ne laisse deviner l’association saugrenue entre cochons et immobilier. Il faut retourner le prospectus pour constater qu’il s’agit bien de la publicité on ne peut plus originale d’une agence immobilière plus souvent associée à la montgolfière qu’à la famille des suidés.

Mais revenons à nos cochons. Deux choses intriguent dans cette publicité : le choix du cochon, certes, et l’absence de « s » audit cochon.

Si cochon avait été adverbe, il aurait été invariable (« Enfin des honoraires pas mal.») Mais ici, il s’agit d’un adjectif qu’on aurait pu remplacer, par exemple, par « salés ». Il aurait fallu écrire « Enfin des honoraires pas cochons ».

Même avec la marque du pluriel, le choix de la bête reste surprenant. Le mot « cochon » est attesté dans la langue française depuis 1091 et pourrait venir de l’onomatopée coch-coch exprimant le grognement de l’animal. Le sens figuré de personnage grossier physiquement ou moralement apparaît à la fin du 17e siècle. Aujourd’hui, on trouve en général deux sens figurés à cochon, le premier rappelant la saleté de l’animal, l’autre étant associé à un caractère salace, obscène*. Dans les deux cas pourtant, rien à voir avec des honoraires… Du moins on l’espère! (Argent sale? Tractations obscènes?)

Spontanément, on aurait sans doute plutôt choisi le chien comme animal de compagnie publicitaire. « Des honoraires pas chiens » aurait annoncé des honoraires pas méchants. Mais il semble que le nombre d’animaux disponibles à Calembourg soit limité, et une autre publicité de la même compagnie reçue en même temps nous montrait que le chien vaquait vaillamment à d’autres occupations…

* Définition tirée du Dictionnaire historique de la langue française, Éditions Le Robert, 1994, p. 440.

Wtf?

Puisque Sur le bout de la langue part en mission contre les mauvaises traductions sur Facebook – et que la mégalomanie n’est pas le moindre de ses troubles – nous suggérons aujourd’hui de remplacer wtf?, beaucoup trop présent sur les médias sociaux, par l’allographe joliment plus québécois dkc?

Qui aime nous suive!

Langue de bouc

Sur le bout de la langue est pour la francisation mur à mur (oui, on le sait… mais, dans ce cas-ci, l’expression devient un joli oxymore, non?), mais aime bien que les règles de l’art soient respectées! Certains traducteurs – nous espérons qu’ils sont automatiques! – ont visiblement mal intégré les codes pas du tout secrets qui régissent le choix d’un pronom relatif. Que Facebook le sache: lorsque le lecteur sent un irrépressible besoin d’ajouter «dedans» à la fin de la phrase (Comme dans « AMIE a commenté un statut que vous êtes tagué dedans»), c’est qu’il aurait fallu préférer «dans lequel» au si commun «que». Nous travaillons corps et âme à la production d’un tableau résumant les choix des pronoms relatifs et nous pourrons «taguer Facebook dedans» très bientôt.

Tout de suite après, Sur le bout de la langue pourra se consacrer à BlackBerry…

 

Double insulte

Sur le bout de la langue s’épanouit dans le merveilleux monde de la consommation et déambule parfois, tranquillement, entre les rayons d’une grande surface. À ses risques! Les mauvaises traductions sont partout et n’attendent qu’un virage trop lent au bout d’une allée pour nous insulter!

La faute de genre (créative?) laisse supposer que Sur le bout de la langue devrait peut-être s’occuper de papilles au lieu de langue puisque seul le genre féminin serait doté de suffisamment de raffinement pour façonner ces exquises boules de glace. Heureusement, la faute de conjugaison qui précède et les nombreuses erreurs disséminées sur l’emballage lui montrent que sa mission n’est pas terminée…

Réveil grave

Quand on dort la tête délicatement posée sur un oreiller de râve, les réveils sont parfois difficiles…
Dans sa toujours grande naïveté, et malgré l’accent circonflexe, Sur le bout de la langue a cru au jeu de mots. Mais un oreiller-rave (comme le céleri) ou de rave (comme la musique techno) n’invite pas au sommeil!

Dans une épicerie près de chez vous.

Une soirée chez les collectionneurs

Les possibilités de la langue française sont presque infinies! Qui aurait pu soupçonner que certains collectionnaient les balles de fronde, et que ces collectionneurs étaient parés d’un nom bien à eux, celui de glandophiles? La Banque de dépannage linguistique propose une liste touffue de noms de collections et de collectionneurs. Pour en découvrir quelques-uns – avouons-le, surtout pour vous divertir – Sur bout de la langue vous propose une énigme à résoudre.

Tout avait bien commencé. M. Leblond et Mme Leboeuf avaient organisé une fête dont eux seuls avaient le secret. Ils avaient choisi six convives, triés sur le volet, réunis pour leur passion pour la collection. Pourtant, au second service du repas, alors qu’on avait annoncé qu’on servirait des cuisses de grenouilles, un des invités est parti en claquant la porte. En tenant pour acquis que chaque invité n’occupe qu’un emploi et ne cultive qu’une passion, celle de sa collection, saurez-vous trouver de qui il s’agit?

 

Les hôtes, M. Leblond et Mme Leboeuf, pour mieux veiller sur le bon déroulement de la soirée, avaient pris les places du bout. Tous les invités étaient heureux d’être accueillis chez de pareils épicuriens. Les organisateurs de la soirée s’étaient rencontrés il y a longtemps déjà. L’un passionné par les saucissons, l’autre par la bière, ils avaient vite compris la complémentarité de ce qui les passionnait!

Même si elle était la cousine de Mme Leboeuf, l’ésitériophile était très éloignée d’elle à la table.

M. Letang était aux anges, entouré des deux plus jolies femmes de la soirée : son amie Mme Loiselle, et cette inconnue que Mme Leboeuf avait présentée comme sa cousine.

Mme Vandal était assise au centre, face à la fenêtre. À sa droite se trouvait son mari architecte. Ils s’étaient rencontrés sur un chantier : il s’occupait de la maison, elle entretenait la cour avec ses collègues horticulteurs. Il lui avait offert un nain de jardin – de ceux qui transportent une brouette – et avait du même coup allumé sa passion et entraîné son goût pour la collection.

Mme Juste était de son côté un peu déçue d’être placée si loin de M. Grandmaison, notaire voyageur et  grand amateur de petites douceurs (oui oui, de vulgaires morceaux de sucre, elle le savait bien!) emballées. Elle le trouvait tout simplement à croquer! Elle-même collectionnait les billets de métro qu’elle glissait délicatement tous les matins dans son précieux sac d’école rempli de copies à corriger. En cette fin de session, l’enseignante aurait bien aimé une relation sucrée.

La lucanophile et le périsaccharophile avaient peu en commun, si ce n’est qu’ils étaient assis tous deux immédiatement à côté de l’hôtesse.

M. Brûlé connaissait peu son hôte, mais avait échoué immédiatement à sa gauche. Quand il avait appris que M. Leblond était artificier à ses heures, le cumixaphiliste avait ressenti un léger malaise : pour lui, tant de pétards allumés relevaient du gaspillage.

Mme Loiselle était assise à côté de la salsicophile, en face de M. Grandmaison. Elle était venue en métro, se servant du dernier train qu’elle avait conduit pour se rendre chez ses hôtes.

L’erpétophile était assis à côté de la collectionneuse de cerfs-volants, en face de la nanipabulophile.

M. Letang, ancien champion de natation, était assis en face d’une femme qui ne cessait de lui parler de nains et de brouettes. Mais il n’écoutait que plus ou moins ce babillage, beaucoup plus intéressé par les récits hilarants de Mme Loiselle, assise à sa droite.

Pour remercier Mme Leboeuf de l’avoir invitée, sa cousine, connaissant bien la passion de son hôtesse, lui avait offert un magnifique et très gras saucisson. Comme Mme Leboeuf savait que sa cousine connaissait peu les autres convives, elle lui avait réservé la place à la droite de son mari, M. Leblond, l’artificier tégestophile.

Mme Loiselle, assise un peu trop loin du cumixaphiliste, n’avait rien entendu de ses conversations sur les allumettes. Elle avait bien entrevu quelques photos de la superbe construction qu’il avait faite pour célébrer son 10e anniversaire de mariage avec la nanipabulophile.

Mme Juste enviait parfois la conductrice de métro qui, elle, ne rêvait que de cerfs-volants.

Un peu stressé de recevoir tous ces gens, soucieux de plaire à tous, M. Leblond avait même sacrifié une partie de sa collection : il s’était servi une pinte d’ale hongroise au goût des plus délicats.

Personne ne savait ce que Mme Leboeuf faisait comme travail, mais tous s’entendaient pour dire que c’était une hôtesse incomparable. Jusqu’à cette sombre annonce faite à tous : l’entrée de cuisses de grenouilles serait servie dans quelques minutes. Quelqu’un s’était alors levé, outré qu’on dénigre ainsi sa passion. Pire! Qu’on la serve dans de petits plats! Une porte avait été claquée, les conversations s’étaient faites moins enjouées, et Mme Juste avait invité M. Grandmaison à prendre un café.

Un souper chez les collectionneurs – solution

 

Extravagant cadavre exquis

Le 23 avril dernier, dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, une centaine d’auteurs improvisés ont participé à cette création collective à l’aveugle qu’est un cadavre exquis.

Analystes et psychanalystes, amusez-vous! Voici le résultat de notre extravagant cadavre exquis[1].

La zamboni joyeuse découvrit, hier, Molière joyeux qui, mangeant amicalement, construisit un Facebook formidable dans la forêt. La tombe putride dansait telluriquement la montgolfière splendide. Amour imagina. Une pomme magique manipulait la solitude de l’éléphant énorme en Lorraine. Après-demain, la maison homosexuelle qui imaginait puissamment aura aimé super Kevin depuis longtemps. Ce matin, Josiane, magnifique, que Cléopâtre mange grandement, déploya la splendeur spirituelle sur son pouce. Joëlle exquise et joyeuse sut la plume de paon de Moscou délicieuse à la lumière du monde. Quand? Dans six ans. Alexandra souriante qui détruit invariablement aimera un chien gentil l’an passé. Un phylactère sentimental émit un animal de musique admirable à la ferme, hier soir. Dans trois ans, Haïti belle qui aime vraiment aimera Chrislaine merveilleuse lors de l’éclipse lunaire. Demain, le chat magnifique qui vient finalement émoustillera la croustille respectueuse dans l’immensité. Spirou supercalifragilistique justifie. Nicolas glorieux meurt les poissons volants.

 


[1] Quelques ajustements éditoriaux ont été faits : la ponctuation a été ajoutée, les verbes ont été conjugués, et les accords faits.

Dictée Hélène-Richer 2014: les grands gagnants!

Marianne Tassé (responsable du Prétexte), Étienne Morin-Lévesque (deuxième prix), Nicolas Champagne (organisateur de la Dictée Hélène-Richer)

Marianne Tassé, Noémie Lacombe (premier prix), Nicolas Champagne

« Raton laveur » et « sur-le-champ » doivent-ils s’écrire avec des traits d’union? « Interpellées » prend-il un ou deux « l »? C’est ce genre de défi, en plus de bien d’autres, qu’ont relevé les participants à la cinquième édition de la plus en plus populaire Dictée Hélène-Richer.

Le 26 mars dernier, près de soixante-dix participants ont déjoué les pièges orthographiques, manié habilement les règles de l’accord du participe passé et débusqué le sujet du verbe camouflé derrière trois subordonnées relatives. Les organisateurs de la dictée tiennent à les féliciter, tous autant qu’ils sont!

La Dictée Hélène-Richer est un concours et il sied maintenant d’applaudir les participants qui ont obtenu les meilleurs résultats. Les gagnants recevront un prix en argent offert par la Direction générale.

Catégorie Séniors  

1er prix: Noémie Lacombe, prix de 100 $

2e prix: Étienne Morin-Lévesque, prix de 50 $

3e prix: Mathieu Soucy, prix de 25 $

Catégorie Junior

1er prix : Geneviève Proute, prix de 25 $

Les employés du Cégep ne sont pas en reste! Les gagnants recevront un prix en argent offert par monsieur Sylvain Mandeville de la Direction générale.

Catégorie Employés

1er prix : Geneviève Deschênes, aide pédagogique individuelle au Bureau de la reconnaissance des acquis et des compétences (RAC), prix de 75 $

2e prix : Maryse Locat, enseignante au Département de commercialisation de la mode, prix de 25 $

Merci à tous les participants et à tous les généreux donateurs qui ont permis de faire de cette activité un véritable succès! En plus des prix aux gagnants, près d’une quarantaine de prix de présence, offerts par monsieur Michel Vincent à la direction des études, le Service aux étudiants, Druide informatique, Coop Marie-VictorinEspace 7000, Papier Profusion, la librairie Le Port de tête et Capucine, ont été remis à de souriants participants.

Adeline Gendron (Sur le bout de la langue), Geneviève Proute (premier prix), Nicolas Champagne

Derrière: Éléonore Antoniades (organisatrice de la Dictée Hélène-Richer), Sylvain Mandeville (directeur général), Julie Roberge (Sur le bout de la langue)
Devant: Maryse Locat (deuxième prix), Geneviève Deschênes (premier prix)