Engagez-vous, qu’y disaient

Sur le bout de la langue croule ces jours-ci – climat politique oblige – sous les pétitions à signer, les causes à endosser et les manifestations à manifester. Les temps sont durs, novembre gagne.

On nous demande de devenir des citoyens impliqués.

Le devons-nous? Qu’attend-on exactement de nous? Dans l’incertitude, Sur le bout de la langue s’est, encore, réfugiée dans l’antre douillet des ouvrages de référence linguistique où, habituellement, ni grisaille ni austérité ne peuvent atteindre les dragons de la rectitude grammaticale. Pourtant, novembre gagne, et la réponse n’a pas eu la limpidité attendue. Nous proposons ici, en condensé, ce que nous avons pu tirer des propositions parfois contradictoires de nos outils préférés.

Impliquer peut être utilisé pour montrer une conséquence, une nécessité. L’implication est alors logique, presque mathématique. Arriver à un tel résultat implique beaucoup de travail. Nous sommes prêts à nous sacrifier si cela implique que nous aurons un meilleur avenir.

Impliquer peut aussi être utilisé en parlant de personnes lorsque celles-ci sont mêlées à des affaires judiciaires ou crapuleuses. Ces malfrats ont été impliqués dans plusieurs crimes. D’ailleurs, on retrouve cette utilisation du verbe dès le 14e siècle, alors qu’impliquer signifiait « engluer ». En conséquence, il faudrait se méfier d’une administration municipale « impliquée » dans sa communauté ou d’un gouvernement provincial toujours « impliqué » dans le développement économique…

Finalement, dans sa forme pronominale, s’impliquer signifie s’engager à fond. Cette femme s’implique dans le réseau scolaire depuis des années.

En aucun cas impliqué ne peut se substituer à concerné, visé. Cette invitation s’adresse aux lecteurs concernés (et non impliqués).

Citoyens, impliquez-vous, mais, dans la mesure du possible, ne soyez pas impliqués sans votre consentement[1]! Dans le doute, engagez-vous!



[1] Alors que le logiciel Antidote décrie l’utilisation du verbe impliquer (dans sa forme transitive) lorsqu’on veut lui donner le sens de « engager grandement dans une action de façon déterminée » (Multidictionnaire), le CNRTL ne relève pas cette acception, et Le Robert la place en toute fin d’entrée. Devant l’indécision des ressources habituelles, nous croyons qu’il est préférable d’utiliser alors le terme engager, qui fait, lui, l’unanimité.

La féminisation des termes et l’Académie

L’Académie française est une institution prestigieuse que d’aucuns considèrent légèrement… hum… encroûtée. La preuve en est cette difficulté à accepter la féminisation de certains termes. Pour manifester son désaccord, Sur le bout de la langue citera les Immortels pas tout à fait à tort et absolument de travers! Messieurs, sachez que, selon l’Académie française, le masculin a valeur générique ou non marquée. Vôtre masculinité peut en prendre de la graine! Mesdames, si vous voulez respecter la belle langue française, préférez les métiers de chirurgienne ou de mécanicienne aux beaucoup plus étymologiquement dérangeantes professions d’auteure ou de professeure.

Pour les citations en contexte et sans mauvaise foi:

Un article de Radio-Canada

Le site de l’Académie française

Expressions colorées

Qui peut se targuer de connaître – ou, mieux, d’utiliser! – l’expression «Ben accoté dans’barrure» ? Amateurs d’expressions colorées, vous apprécierez la chronique de Fabien Cloutier présentée à l’émission Plus on est de fous, plus on lit (ICI Première). Il y décortique avec plus d’originalité que de sérieux diverses expressions entrées dans un usage parfois très restreint géographiquement.

Et si vous avez envie de passer à la postérité avec vos belles expressions, vous pouvez participer à l’élaboration en ligne d’un dictionnaire collaboratif du français parlé. Le site wikébec.org propose, cette fois avec plus d’ouverture que de sérieux étymologique, un répertoire composé par les internautes. Comme qu’i’dirait, faut pas trop être r’gardant.

 

Wtf?

Puisque Sur le bout de la langue part en mission contre les mauvaises traductions sur Facebook – et que la mégalomanie n’est pas le moindre de ses troubles – nous suggérons aujourd’hui de remplacer wtf?, beaucoup trop présent sur les médias sociaux, par l’allographe joliment plus québécois dkc?

Qui aime nous suive!

Gagnants du concours «Affichez-vous avec votre livre!»

Ces personnes ont participé à l’activité organisée dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Elles ont gagné un des chèques-cadeaux offerts par la bibliothèque Simonne-Monet-Chartrand et par la coop Marie-Victorin.
Les reconnaissez-vous?

Si vous êtes parmi les heureux gagnants du tirage, écrivez-nous pour savoir comment récupérer votre prix.

Le livre et vous

Pour souligner la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, le 23 avril, la Bibliothèque du cégep Marie-Victorin et Sur le bout de la langue organisent deux activités dont vous serez les héros.

Affichez-vous!

Lectures secrètes, lectures gênantes, lectures que vous aimeriez prouver avoir faites? C’est le moment de tout dévoiler! Prenez une photo de vous avec un livre et publiez-la sur la page Facebook de Sur le bout de la langue pour courir la chance de gagner un prix offert par la Bibliothèque. Vous n’avez pas de livre à portée de la main? Passez à la bibliothèque où un photomaton sera installé entre midi et 13 h 30. Il ne manque que votre plus beau sourire!

Extravagant cadavre exquis

Vous avez votre mot à dire dans la rédaction d’un immense cadavre exquis. Dans vos cours de français ou dans les couloirs, cherchez les bornes de rédaction. Ajoutez votre plus beau mot et surveillez le résultat final qui sera affiché à la bibliothèque très bientôt. Une œuvre collective qui ne manquera pas d’être originale!